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L'actualité de toute une commune

    Les discours politiques à la télévision

    Les discours politiques à la télévision

 

   L’oral en interaction :

Le discours que les candidats produisent “à chaud” tout au long du débat s’apparente bien à de l’authentique “oral en interaction” : essentiellement improvisé et “con-construit” (même s’il est en partie “pré-construit”), ce discours s’échange entre des protagonistes dont l’une des principales qualités doit être leur sens de la “répartie” et leur capacité à faire preuve à d’à-propos.

Mais, comme l’on a affaire à des interactions médiatiques, les candidats débatteurs, ne sont pas les seules personnes impliquées dans l’événement communicatif.

  Le poids des mots du Président :

Envisagée au sens strict, l’opposition oral/ écrit repose sur une différence de canal communicatif et de matériau sémiotique.

Faisant l’objet d’une retransmission télévisée, les débats empruntent un canal à la fois auditif et visuel, et ils exploitent un matériel, fait aussi bien d’unités linguistiques et para-linguistiques que d’unités posturo-mimo-gestuelles (sans parler des signes “statiques” liés à l’apparence physique des participants).

Même si, l’essentiel de ces débats est accessible à la simple écoute, les données visuelles jouent à leurs tours, un rôle non-négligeable à divers niveaux, singulièrement, celui de la construction de “l’ethos” des participants (qui est avant tout une question “d’image”).

Mais, que la mimogestualité soit ou non prise en compte dans l’analyse, celle-ci, ne doit jamais perdre de vue la nature orale des données.

Ce rappel s’impose : comme l’on ne peut pas travailler qu’à partir de transcriptions qui transforment ces données orales en un objet sculptural, le risque est grand que prenant en quelque sorte la carte pour le territoire, l’analyste oublie la véritable nature du matériel qu’il traite et fasse comme s’il s’agissait vraiment d’écrit.

C’est ainsi que certains vont s’employer à dénombrer dans le corpus les points, points d’interrogation, et autres signes de ponctuation…

Or, quiconque a tenté de réaliser des transcriptions ponctuées de ces débats, sait la part d’arbitraire qu’implique cette opération, et combien peuvent varier les choix effectués dans ce domaine.

On en prendra pour exemples certaines transcriptions proposées des deux premiers tours de parole de François Hollande et de Nicolas Sarkozy respectivement, dans le débat de 2012.

– Transcription proposée dans un site de campagne de Hollande (Deux-Sèvres) :

Hollande : 19 points / Sarkozy : 24 points

– Transcription du Monde (même nombre de lignes à peu près) :

Hollande : 12 points / Sarkozy : 17 points

Sans prendre ici parti dans le débat concernant les unités pertinentes de l’oral, rappelons que le découpage en phrase d’un texte oral est toujours pour le moins problématique, comme le sont certaines affirmations concernant le débat de 2007, comme quoi par exemple, Sarkozy y ferait des phrases trois fois plus courtes que Royal, ou bien encore (cette autre affirmation étant à la fois plus mesurée et plus imprudente du fait de son extrême précision) : “ils font des phrases courtes, 25 mots maximum pour lui, 36 pour elle”.

“Par ailleurs, l’oral des débats se distingue doublement d’autres formes d’oral attestées durant la campagne électorale, comme celui des meetings de campagne.

Il s’agit d’abord, de discours échangé : même si, parfois à leurs corps défendant, les candidats doivent au bout d’un certain temps abandonner le “crachoir” à leur adversaire, n’étant pas censés monologuer trop longtemps”, la présentatrice phare de la télévision française “Audrey Crespo-Mara”.

La journaliste de LCI et TF1 “Audrey Crespo-Mara”, présente la plupart du temps, les soirées électorales, avec l’animateur et le journaliste français “Michel Field”.